L'ANXIÉTÉ

La réaction face aux mouvements

Une région du cerveau contrôle nos réactions face aux mouvements rapides qui apparaissent dans notre champ de vision. D'une grande importance depuis la nuit des temps, celle-ci contrôle nos réflexes de survie et permet encore aux petits animaux d'échapper aux prédateurs. Bien qu'utile pour l'écureuil, rare sont les humains qui doivent être aux aguets afin de ne pas se faire attaquer.

Pourtant, nous connaissons tous quelqu'un qui ferait un saut à la plus légère des stimulations comme le réflexe de survie. Par exemple, les personnes affectées par les lumières vives et/ou clignotantes, par les endroits achalandés, par les films d'action où l'image change rapidement, le sont pour les mêmes raisons. Tout ça peut engendrer de l'anxiété car le système est trop réactif.

On entend souvent « La lumière me donne des migraines » ou « Quand il y a beaucoup de monde, je ne me sens pas bien » ou encore « Regarder ces motifs de tapis me donne la nausée ». Ce sont des exemples de situations pouvant être vécues par plusieurs quotidiennement menant à l’anxiété.

La dissonance sensorielle

Une autre explication de ces symptômes rapportés par les patients qui se présentent à nos bureaux se nomme la dissonance sensorielle. Le cerveau utilise plusieurs systèmes différents afin de savoir avec précision à quel endroit dans l'espace se situe le corps; les systèmes visuel, proprioceptif [i] et vestibulaire[ii]. Dans un monde idéal, ils envoient tous un message similaire.

Cependant, il arrive parfois, suite à un coup, que le message diffère. Par exemple, le système visuel peut indiquer qu'il n'y a pas de mouvement, un des systèmes vestibulaire peut indiquer un mouvement de rotation vers la gauche et le proprioceptif indique un mouvement contraire. Le cerveau pourra souvent compenser et « n'écouter » qu'un de ces signaux. Cependant, trier la bonne de la fausse information demandera de l’énergie supplémentaire et la compensation ne pourra être maintenue pour toujours. C'est alors que des symptômes d'anxiété,  de nausée, des vertiges et de fatigue apparaissent.

Un cas vécu

Une jeune femme de 19 ans s'est présentée en neurologie fonctionnelle afin de savoir pourquoi elle n'avait plus de qualité de vie à la suite d'un coup à la tête subit au soccer. Sa mère décrivait ses symptômes comme suit : « Elle souffrait d'anxiété et durant ses périodes de confusion, elle disait qu'elle ratait tout. Durant les périodes de paranoïa, elle croyait que tout le monde lui en voulait. Elle perdait la notion du temps, n'arrêtait pas de pleurer ou était complètement absente. Elle dormait mal, tournait en rond dans la maison. Elle était incapable de se concentrer. Durant une même période, elle prenait même plusieurs bains par jour ».

Une combinaison de stimulations visuelles, vestibulaires et proprioceptives sur une période d'une semaine fut utilisée. Elle put reprendre ses études et poursuivre son année scolaire avec succès.

Et l’anxiété dans tout ça?

Ceux qui ont vécu des épisodes d'anxiété savent à quel point cet état est débilitant. Avec l'augmentation et la précision des informations de recherches universitaires, vient aussi plusieurs solutions pour régler ces types de symptômes. Et pour ceux qui n'ont jamais ressenti les symptômes associés à l'anxiété, voici des comparables; être pris dans une camisole de force ou dans un endroit très étroit (un ascenseur bondé ou arrêté) ou pris avec des difficultés de  crise d'adolescence à la maison. Personne ne veut vivre comme ça en permanence!

Dr. Richard Turmel BsC, DC, DACNB, FABBIR

[i] Proprioceptif : Les récepteurs des muscles, tendons, ligaments, articulations du cou.

[ii] Vestibulaire : Un organe sensorial barosensible, situé dans l’oreille interne, qui contribue à la sensation de mouvement et à l’équilibre chez la plupart des mammifères.